Résidence de territoire CTEAC 2025-2026 – Matheysine


FESTINS est une résidence menée par les artistes de l’Atelier Mille Lieues et de l’Atelier Grand Matin en collaboration avec Les Typotes Vagabondes (boulangères meunières), sur le territoire de la Matheysine dans le cadre de la Convention Territoriale d’Education aux Arts et à la Culture (CTEAC). Cette résidence vise à créer des liens humains et artistiques autour de la convivialité, en s’appuyant sur le patrimoine naturel, culturel et historique du territoire.
Les ateliers artistiques permettront de co-fabriquer avec les habitant·es du territoire les éléments menant à l’organisation des temps forts ; création d’objets (mobilier, nappes, ustensiles…), éléments d’exposition (fresque…) au travers de différentes techniques artisanales : la gravure sur bois, la broderie, la sérigraphie, la typographie, la teinture végétale, le sténopé, le ferrotype, le cyanotype, l’estampage, la linogravure, la sérigraphie.
Les festins sont entendus comme des temps de valorisation et de restitution de la résidence : des moments festifs et conviviaux, pour partager, montrer et échanger sur ce qui a été créé.
Les 4 festins, passés et à venir :
La Fête du Vent (6 juin 2026, La Mure) : Goûter champêtre inspiré d’une tradition locale.
Le Festin des Drayes (14 juin 2026, Lavaldens) : Célébration des cheminements et de la transhumance.
La Soupe aux Cailloux (mars 2027, Beaumont et pourtours du Sautet) : Célébration du patrimoine géologique.
Le Mariage des Rivières (juin 2027, Entraigues) : Union symbolique des cours d’eau locaux, fête des confluences


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La Matheysine s’étend à la confluence des vallées, de plateaux en montagnes, de lacs en rivières au travers d’une diversité foisonnante d’horizons. Les bouleversements du temps géologique déploient aujourd’hui un paysage aux mille mouvements. Le mouvement des glaciers, des torrents et des pierres. Il résonne avec l’histoire humaine, lorsque des vallées encaissées, des colporteurs filaient vers le sud, où lorsque l’on quittait le vallon pour aller à la mine, monter en estive, rejoindre l’usine ou la ville. Ou bien encore pour converger vers le bal ou le banquet, rallier la foire, ou se joindre à la fête.
À l’invitation de penser un projet artistique pluridisciplinaire déployé sur l’ensemble du territoire Matheysin pour fabriquer des liens et tisser des rencontres humaines, nous répondrons par la convivialité.
Notre proposition est un appel à renouer avec la convivialité.
La convivialité en filigrane, le festin au centre.
Le festin comme évocation du somptueux et de la démesure, comme endroit de tous les possibles. C’est là où l’on célèbre ce qui rapproche, là où l’on scelle les alliances, là où l’on se réconforte, où l’on tente des réconciliations et où parfois, l’on débat et l’on s’affronte.
Il est le temps des retrouvailles païennes ou religieuses, amicales ou familiales, là où l’on fait communauté.
Il est un rituel qui traverse les cultures et les classes sociales.
Des mosaïques Asàrotos òikos des tricliniums romains aux Noces paysannes de Brueghel en passant par le eat art de Daniel Spoerri ou Le dîner de Judy Chicago, il est un thème récurrent dans l’histoire de l’art, de l’antiquité à l’art contemporain.
Le festin est un spectacle, une exposition vivante.
Prétexte à la rencontre, il sera le fil rouge pour fabriquer des situations et des formes artistiques au long de ces deux années.
Nous croquerons des biscuits estampés, nous fabriquerons des nappes, nous boirons la soupe dans des sculptures, nous graverons des tables, nous trinquerons aux recettes partagées…
L’équipe que nous formons, à la croisée des pratiques artistiques et artisanes, permettra d’envisager des temps multiples conçus en invitations à travers des propositions d’ateliers de pratiques et des cycles de rencontres qui mèneront à l’organisation de festins collectifs co-pensés avec les habitant∙·es et déployés sur l’ensemble du territoire.
Nous puiserons dans le répertoire des sciences naturelles, de l’histoire de l’art et de l’artisanat pour en proposer une vision décalée. Nous nous appuierons sur le patrimoine naturel et culturel du territoire matheysin.
La collection et l’inventaire, empruntés à la démarche scientifique, nous servirons à investiguer l’espace, la matière, le vécu.
Les formes s’additionneront au gré des rencontres dans une narration qui générera sa propre syntaxe. Elles dessineront, par accumulation et correspondances, une culture matérielle à la fois fictionnelle et concrète, familière et étrange.
L’ensemble de cette proposition a été pensé dans l’alliance de nos deux entités artistiques complémentaires : Grand Matin et l’Atelier Mille Lieues.
Grand Matin, lieu de production et de recherche situé à La Mure, porté par un collectif pluridisciplinaire d’artistes vivant sur le plateau (gravure, typographie, céramique, sérigraphie, photographie, pratiques textiles, dessins, vidéo, son…). Fort de cette dynamique collective et de sa présence sur le territoire matheysin, Grand Matin constituera la base arrière de la résidence, apportant soutien de production, lieu d’archivage et visibilité du projet au long cours.
L’Atelier Mille Lieues, atelier mobile des arts imprimés, bibliothèque d’outils réunit en un convoi initié par l’artiste Diane Etienne, facilitera la mobilité du projet, le déploiement géographique et logistique des propositions.
Dans la poursuite de cette heureuse alliance, parce que l’art ne fait pas toute la nourriture et qu’un festin sans pain n’est rien, nous nous associons à l’entité artisane et paysanne Les Typotes Vagabondes. Boulangères meunières installées dans la Vallée de la Roizonne depuis 2024, Les Typotes Vagabondes est un fournil paysan mobile qui se déploie sur les places publiques pour recréer des lieux de vie et opère l’hiver en tournée des livraisons de pains.
Le pain est un “lieu” générateur de commun. Il est politique, vernaculaire et fabrique des mondes.
Ainsi, nous associons nos savoir-faire, nos outils et nos enthousiasmes pour déployer un projet pluridisciplinaire entremêlant art de vivre et création contemporaine.